0085 Deanna Petherbridge, Graphic Intersections: Erga, Parerga and Pro-Erga
Culture, nature et environnement
Le texte de Tim Ingold dont nous proposons la traduction offre un regard à la fois original et de très large portée sur l’enquête écologique dans les sciences humaines. Il s’inscrit de plus dans une démarche intellectuelle engagée depuis une trentaine d’années par un anthropologue qui, tout en cultivant un style théorique profondément singulier, mobilise des enjeux qui sont au cœur de sa discipline.
Tim Ingold est d’abord un spécialiste des sociétés arctiques d’Europe du Nord, où il a réalisé ses premiers terrains, avant de s’intéresser à leurs voisines de Sibérie et d’Amérique. Son travail relève d’une anthropologie économique, attentive aux modes de subsistance, aux technologies et aux formes de coopération sur lesquelles ils reposent, ainsi qu’aux structures institutionnelles qui les accompagnent. L’impulsion initiale de la pensée anthropologique de Tim Ingold prend la forme d’une réflexion sur les formes ...
Quelle: http://traces.revues.org/5470
De l’écologie symbolique à l’écologie politique. Anthropologie des controverses environnementales chez les Salish côtiers
La plupart des arguments écologiques s’inscrivent dans une perspective que nous pouvons qualifier de « naturaliste », c’est-à-dire qu’ils supposent l’existence d’une différence fondamentale entre les humains (personnes) et les non-humains (choses), entre les cultures (ensemble de personnes) et les natures (ensemble des choses). À partir de cette dichotomie fondamentale, le nerf de l’argumentation écologique consiste à rappeler que les cultures sont seules considérées comme responsables et doivent donc protéger la nature (ensembles de choses). Nous présentons ici l’émergence d’un nouveau type de justifications écologiques de protection des non-humains qui ne mobilise ni le concept de nature, ni la différence ontologique entre personnes et choses. Appuyées sur des cosmologies autochtones, ces nouvelles règles d’écologie symbolique sont utilisées sur la côte nord-ouest du Canada ...
Quelle: http://traces.revues.org/5442
La Société des territorialistes ou la géographie italienne en mouvement
Le ventre de l’Italie moderne est ici, et peut-être le cœur s’y noie.
André Suarès, « Çà et là, dans Milan », Voyage du Condottiere
Depuis 1991, une nouvelle entité territoriale réunit 61 communes pour former le Parc agricole Sud Milan. Couvrant une surface de 47 000 hectares dont 80 % sont des terres cultivables, le plus grand parc agricole d’Europe se structure autour d’un des principaux canaux qui irriguent l’Ouest de la plaine du Pô, au sud de la plus grande aire urbaine d’Italie. Milan, qui compte aujourd’hui plus de sept millions d’habitants, est le cœur économique du pays, une métropole à laquelle les fonctions de centre industriel, financier, commercial et universitaire assurent un rang de ville mondiale. Le parc agricole qui a pris forme au sein de l’agglomération dès les années 1980 a pour principal objectif la « sauvegarde du territoire ». Le projet se veut écologique sans être environnementaliste :...
Quelle: http://traces.revues.org/5465