Januar 21, 2020, 10:00 a.m.,
Émilie Guitard,
Allgemein.
D’où peut bien venir l’idée de donner au numéro d’une revue de sciences humaines et sociales un titre aussi équivoque, voire suspect, que « Les irrécupérables » ? Trop définitif, le terme résonne comme une condamnation, une sanction, arbitraire peut-être, irrévocable sans doute. Si ce titre n’a pas manqué de susciter un certain nombre de réactions sceptiques, voire franchement critiques, il entend toutefois interroger une zone grise des sociétés contemporaines : l’existence de ce(ux) qui n’y trouve(nt) pas de place.
Que certaines choses et certaines personnes ne trouvent pas de place est, depuis deux siècles au moins, un phénomène relativement familier. Depuis « l’invention des déchets urbains » en Occident à la fin du xixe siècle (Barles, 2005), on assiste par exemple à l’invasion croissante de déchets matériels que nos sociétés peinent à recycler ou à éliminer. C’est entre autres autour de cet enjeu du grand débordement détritique que la question environnementale revient régulièrem...
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9805
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Januar 21, 2020, 6:26 a.m.,
Timothy J. Minchin,
Allgemein.
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Delphine Corteel,
Allgemein.
Peut-on analyser sur un même plan les dimensions matérielle et humaine de la mise hors du monde ? Le terme irrécupérable n’est-il pas en tant que tel investi d’une charge morale qui condamne irrémédiablement ce qu’il désigne, surtout lorsqu’il s’agit d’individus ? Quels problèmes épistémiques et éthiques apparaissent lorsque le même terme est utilisé pour désigner des choses comme des gens ? Cet entretien croisé entre Sophie Houdart et Delphine Corteel entend faire dialoguer les perspectives de terrain de deux chercheuses qui, l’une comme l’autre, placent au centre de leurs écrits le souci du détail ethnographique et qui consacrent une partie de leurs travaux à ces allers-retours signifiants entre humains et non-humains. Cet échange met en perspective des situations où des individus cherchent à faire face à la production continue de choses irréductibles et à faire avec elle en développant chaque jour de nouvelles techniques et de nouveaux dispositifs pour tenter soit de récupérer et...
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/10351
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Céline Hervet,
Allgemein.
Dans les écrits politiques de Thomas Hobbes apparaît une figure étonnante qui vient interroger les limites du corps politique et social en ce qu’elle contrevient à la loi naturelle de complaisance dont le but est d’assurer la viabilité des échanges et la stabilité du lien social : celle du réfractaire, inspiré de la parabole biblique de la pierre réfractaire devenant pierre angulaire. Au lieu de ce renversement, on lit chez Hobbes une prescription : le réfractaire est irrécupérable et doit être purement et simplement rejeté hors de la société. Mais ce rejet apparaît illusoire et le réfractaire est ce résidu de l’incorporation sociale avec lequel toute société doit en permanence composer et qui travaille constamment sa cohésion. Accompagnant les soubresauts du corps social et politique, le terme réfractaire est au xixe siècle tantôt revendiqué par ceux qui refusent de s’accommoder d’un ordre social et économique jugé injuste et oppressif, tantôt utilisé pour disqualifier des incorrig...
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/10165
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Sandrine Maulini,
Allgemein.
Légitimés au nom de la moralisation de la vie publique, les internements administratifs pratiqués en Suisse jusqu’en 1981 ont pris pour cible des populations dont les conduites, bien que non délictueuses, n’en sont pas moins identifiées comme préjudiciables pour la collectivité. À ce titre, certaines populations ont été durablement reléguées au motif de leur caractère incorrigible. Amorcée au début du xxie siècle, une politique mémorielle entend réparer ce qui est désormais reconnu comme une injustice induite par des procédés arbitraires. La mise en perspective de ces deux moments historiques révèle que des aspects du passé doivent demeurer dans l’oubli pour qu’une condition victimaire puisse s’affirmer publiquement.
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/10039
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Elise Roche,
Allgemein.
Selon la loi française, les bidonvilles sont qualifiés de locaux « insalubres et irrécupérables ». La réapparition des bidonvilles depuis les années 2000 a conduit les pouvoirs publics à développer des réponses : l’éradication simple, le plus souvent, et parfois le relogement de leurs occupants, dans des dispositifs généralement temporaires. Le développement de ces structures, faites de bungalows ou de préfabriqués éphémères, ne laisse pas d’interroger : comment expliquer ce continuum, le choix de l’administration de reloger des habitants issus de locaux irrécupérables, dans des logements eux-mêmes destinés à la démolition ? Pour répondre à cette question, nous nous appuyons sur une enquête qualitative réalisée à Saint-Denis (93) sur le relogement des habitants du bidonville du Hanul dans le courant des années 2010. Nous analysons d’abord en quoi la notion d’irrécupérabilité peut s’appliquer non seulement aux bidonvilles, mais aussi aux locaux mis à disposition pour le relogement de...
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9949
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Axelle Brodiez-Dolino,
Allgemein.
Questionnant le thème de l’irrécupérabilité appliqué à l’être humain, en particulier dans la France des Trente Glorieuses, cet article s’attache plus particulièrement à recontextualiser son emploi en recourant à une étude de cas, le bidonville de Noisy-le-Grand (berceau de l’association ATD Quart Monde) à la fin des années 1950. L’analyse conduit à exhumer, corrélativement, l’emploi du champ sémantique du déchet ainsi que la question de l’eugénisme. Un second temps est consacré à la progressive disparition de ces notions au profit de tentatives, ici principalement associatives, de requalification de ces personnes.
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9913
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Émilie Guitard,
Allgemein.
Dans ce dossier sont rassemblés des témoignages de professionnelles – infirmières, psychologue et sociologues de formation – travaillant au quotidien avec des personnes qui ont été diagnostiquées comme souffrant du « syndrome de Diogène ». Ce syndrome, qui fait encore l’objet d’une controverse nosographique et clinique, est parfois défini comme un trouble associant une tendance à l’accumulation d’objets dénués de valeur d’usage (syllogomanie), une forte négligence de l’hygiène physique et domestique, ainsi qu’un isolement social prononcé. Une continuité particulière semble ainsi s’établir entre ces personnes et les choses déchues dont elles s’entourent, contamination à la fois symbolique et sensible (par les odeurs qui se transmettent au corps, par les vêtements négligés, etc.), jusqu’à les rendre ensemble « immondes » et « irrécupérables » aux yeux de l’entourage et du voisinage. Les témoignages recueillis ici permettent ainsi de questionner la mise en place, dans les discours comm...
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/10399
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Nicolas Picard,
Allgemein.
Au sommet de l’échelle des peines avant 1981, la peine de mort était censée éliminer les pires criminels de la société. Les individus reconnus coupables d’assassinat ou de meurtre aggravé étaient voués, selon le code pénal, à la mort par décapitation, s’ils ne bénéficiaient pas de circonstances atténuantes. Sans surprise, ce sont des individus issus de populations déjà marginalisées qui en font les frais. Les condamnés à mort n’étaient cependant pas complètement irrécupérables : le chef de l’État disposant du droit de grâce avait toujours le pouvoir de les extraire de leurs fers et de leurs angoisses pour une autre forme d’élimination, avec la transportation en Guyane, malgré tout considérée comme une deuxième chance. De 1908 à 1914, seule une fraction minoritaire (environ un tiers) de ces condamnés était considérée comme vraiment irrécupérable, ne méritant pas d’indulgence, et donc de vivre. Pour étayer et produire ce caractère, le ministère de la Justice demandait aux magistrats a...
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9805
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Januar 20, 2020, 10:00 p.m.,
Frédérique Barnier,
Allgemein.
L’inaptitude au travail concernerait aujourd’hui près d’un million de salariés en France, dont plusieurs dizaines de milliers sont chaque année déclarés totalement inaptes et finalement licenciés. Dispositif de protection de la santé des salariés, l’inaptitude conduit finalement à exclure les plus âgés ou abîmés, parfois à cause de la nature du travail exercé. Alors que les entreprises y sont contraintes par la loi, peu de salariés sont en effet reclassés en interne sur un autre poste, compatible avec leur état de santé. Grâce à l’analyse des parcours de vingt salariés jugés « inaptes », notre enquête vise à comprendre le processus qui conduit une partie d’entre eux vers le chômage et l’exclusion. En fait, le licenciement pour inaptitude vient toujours clore un parcours long et complexe, qui commence par une atteinte à la santé, et qui est ensuite ponctué d’arrêts maladie (longs ou fréquents), engendrant parfois isolement et conflits, mais aussi des retours plus ou moins réussis. Le...
Quelle: http://journals.openedition.org/traces/10105
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