L’époque capitaliste

Cet article défend l’idée que le capitalisme doit être compris comme un phénomène d’époque, c’est-à-dire comme une forme de vie spécifique, historiquement et temporellement limitée, avec des dynamiques sociales et temporelles qui la démarquent d’ères passées de l’histoire, et qui n’est pas destinée à durer indéfiniment. La caractéristique la plus typique du capitalisme – une croissance économique séculaire soutenue en termes de capitaux par tête – a amené des bénéfices importants à l’espèce humaine, non seulement à travers l’augmentation du bien-être économique mais aussi en allouant aux individus des corps plus grands, plus forts, plus résistants, et par l’augmentation radicale de l’espérance de vie. Il a également rendu possible une remarquable hausse des pouvoirs techniques, éducatifs et scientifiques de la société. L’expérience de la croissance économique soutenue a suscité l’émergence d’un sens particulier du temps comme progressif et ouvert – rendant possible la conscience his...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9648

L’époque et l’événement : les temporalités du capitalisme selon William H. Sewell Jr.

Depuis bientôt quatre décennies, les recherches de l’historien américain William H. Sewell Jr. tentent de tisser un dialogue entre l’histoire et les autres sciences sociales, au premier rang desquelles la sociologie et l’anthropologie. Deux séquences peuvent être distinguées dans son travail théorique. En réponse aux paradigmes nord-américains alors dominants, Sewell a d’abord investi, au début des années 1990, la question des temporalités et notamment la catégorie analytique de l’événement. Mais depuis une dizaine d’années, les recherches de Sewell revisitent le capitalisme comme un phénomène qui induit et qui génère des temporalités spécifiques. L’article ici traduit s’inscrit dans ce cadre. Le capitalisme est envisagé en ce qu’il possède une unité qui, malgré ses transformations et changements réguliers, permet de le considérer comme une époque en tant que telle.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9628

La Révolution caribéenne : une époque pour comprendre et interpréter un espace colonial en révolution

L’époque peut être envisagée comme l’un des moyens intellectuels avec lesquels l’historien déchiffre le passé, catégorise les événements afin d’en donner une interprétation. Le présent article propose une réflexion sur la Révolution caribéenne en tant qu’époque ancrée dans un espace macrorégional aux caractéristiques singulières à l’ère des révolutions. On étudie ici particulièrement les demandes politiques de liberté des esclaves, et d’égalité des libres de couleur, dans ce contexte révolutionnaire, dans la Révolution haïtienne et ailleurs. Ainsi, on verra que la guerre d’indépendance du Venezuela appartient également à ce processus à plusieurs titres. Enfin, les circulations de marchandises, d’hommes et d’idées eurent aussi une importance fondamentale dans la création de cultures politiques hybrides et partagées.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9568

Penser la périodisation et les relations internationales : l’apport du « développement inégal et combiné »

Les relations internationales posent un défi aux tentatives de périodisation et de mise en époques. Les approches macroscopiques et l’histoire connectée, entre autres, proposent d’appréhender le temps à l’international, mais leur exclusion mutuelle limite la portée de leurs analyses. L’approche du « développement inégal et combiné », issue de la pensée de Léon Trotski, propose un guide de recherche plus ajusté en ce qu’il permet d’articuler les dichotomies traditionnelles (macro et micro ; matériel et subjectif ; structure et contingence) dans la périodisation. L’époque est alors définie comme la rencontre entre sociétés inégalement développées. L’effet des contacts entre ces sociétés est toutefois contingent : les relations combinées qui s’établissent entre différentes formations sociales dépendent de leurs luttes internes.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9596

Personnifier l’époque, vilipender le temps présent. Comment dire l’époque dans le théâtre satirique français (milieu xve siècle-fin xvie siècle)

Pouvait-on conceptualiser « l’époque » durant une période historique où elle n’était pas encore nommée ? En exprimant leur désaffection à l’égard du temps qu’ils vivaient, les contemporains pouvaient la faire apparaître par ses contours négatifs, ainsi, dans un corpus d’une vingtaine de textes de théâtre d’intention satirique ou moraliste s’échelonnant du milieu du xve siècle à la fin du xvie siècle. Les pièces étudiées ici placent de diverses façons la notion de temps présent au centre de l’action par le biais de la personnification, satirisant des phénomènes sociaux et parfois même des évènements politiques ou religieux contemporains mais, surtout, caractérisant leur « époque » comme corrompue, souffrant de guerres, d’instabilité, de pénurie, et de cherté. Les conflits entre personnages allégoriques tels que Temps Présent, le Monde, Les Gens, ou l’utopie de la venue de Bon Temps servent de cadre pour exprimer une colère sociale souvent très forte.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9488

Époques au futur. Usages de la périodisation historienne dans la littérature d’anticipation

La littérature d’anticipation, dans ses propositions de futurs imaginaires, recourt de façon prononcée au concept d’époque caractéristique de la discipline historienne. Quels que soient les avenirs envisagés pour l’humanité et les conceptions de l’histoire qu’ils révèlent – et qui sont ici thématisées (cyclique, régressive, progressive…) –, les auteurs d’anticipation les déploient dans des périodes aux dénominations précises et souvent éloquentes. Cet article met en perspective un choix de romans de science-fiction anglo-saxons et des réflexions historiographiques afin d’explorer la nature de cet usage non historien du concept d’époque, dans lequel affleurent des modalités spécifiques d’appréhension et d’écriture de l’histoire.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9528

Les prophètes de la finance. Contester et refaire l’époque

Cet article interroge la notion de prophétisme financier d’un point de vue sociologique. Le cas empirique retenu est celui de la crise de 2008. Trois enjeux sont traités. Premièrement, le prophétisme est analysé comme une représentation minoritaire et contestataire de l’époque qui contraste avec le rapport au temps optimiste des prévisionnistes établis. Ces deux pôles prophétique et prévisionniste traduisent des éléments de différenciation sociale entre experts et des enjeux de pouvoir liés à la « bonne » représentation du temps et de l’époque. Ensuite, cette étude suggère que les crises génèrent des faits confirmatifs qui peuvent sembler confirmer tout ou partie du discours prophétique. De ce point de vue, les prophéties ne sont pas toujours condamnées à être désavouées par la réalité car elles peuvent trouver dans les crises un puissant mécanisme de félicité. Plusieurs analogies avec l’eschatologie religieuse sont proposées en mobilisant les travaux de Max Weber ainsi que les réce...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/9452

Soviet politics of emancipation of ethnic minority woman

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Quelle: https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/08038740.2019.1677093?ai=z4&mi=3fqos0&af=R

Economic interdependence and economic sanctions: a case study of European Union sanctions on Russia

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Quelle: https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09557571.2019.1660857?ai=z4&mi=3fqos0&af=R

Economic interdependence and economic sanctions: a case study of European Union sanctions on Russia

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Quelle: https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09557571.2019.1660857?ai=z4&mi=3fqos0&af=R