Sex and the Scientific Author: M. Vaerting and the Matilda Effect in Early Twentieth‐Century Germany

Gender &History, EarlyView.

Quelle: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/1468-0424.12364?af=R

La singularité de l’apparence : une quête esthétique paradoxale sous le joug des normes genrées de beauté

De nos jours, le corps est pensé comme « porteur du sentiment de soi » (Bromberger et al., 2005). Par le travail de l’apparence, les individus sont ainsi sommés de révéler leur singularité. Cependant, cette quête d’authenticité esthétique n’est pas aisée dans une société où les corporéités sont guidées par des normes de genre particulièrement pesantes en matière d’apparence. Comment conjuguer l’aspiration à la singularité par l’investissement esthétique du corps et la prégnance des normes de genre qui régulent cet investissement ? Dans quelles mesures le travail de l’apparence est-il support de singularité tout en étant encadré par des normes de beauté collectives particulièrement ancrées dans notre société ? Tels sont les questionnements auxquels cet article propose d’apporter des éléments de réponse. Pour ce faire, nous solliciterons les résultats d’une enquête qualitative que nous avons menée entre 2013 et 2014 auprès de 60 individus (32 femmes et 28 hommes) sur leurs expériences...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7574

Singularité, universalité, généricité et généralité chez Alain Badiou

Cet article analyse la genèse du concept de singularité dans la pensée d’Alain Badiou, à travers deux périodes. 1) La période achevée par la publication de Théorie du sujet en 1982, où il s’agit de s’opposer au tournant structuraliste du marxisme français en cherchant à penser ce qui peut se soustraire à toute structure. 2) Celle de L’être et l’événement (publié en 1988) où il est question de rendre la singularité compatible avec une théorie ontologique. À la fin, l’article questionne la cohérence du concept et son aptitude à remplir la fonction prévue. Il conclut que c’est plutôt dans la première période, ainsi que dans Logiques des mondes, de 2006, que la pensée de Badiou peut servir de guide, car c’est là qu’il déploie les ressources qui permettent de penser le singulier comme une véritable universalité séparée de toute qualification structurale.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7844

Ce que vivre une situation singulière veut dire : le cas des victimes

La singularité fait l’objet de nombreux travaux en sciences sociales. Produit d’une dynamique historique, elle renouvelle l’individualisme en l’adossant à un idéal : celui d’être quelqu’un et se voir reconnaître comme tel. La condition de victimes repose précisément sur ce type d’investissement : elle se fonde sur une situation considérée comme anormale et à propos de laquelle des individus entendent obtenir réparation. Elle constitue un ancrage idéal pour interroger la singularité et ses usages sociaux. À partir d’une enquête sur une mobilisation de victimes initiée après un accident médical sériel, nous montrerons que la considération par les accidentés de la singularité de leur situation est au fondement de leur action. Puis nous mettrons en évidence comment la cause commune réagence les histoires singulières pour n’en faire qu’une. Enfin, nous soulignerons que le propre d’une telle mobilisation est de convoquer les situations singulières pour obtenir réparation.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7714

Le général et le particulier. Perspective analytique et praxéologique sur la règle de droit

La vulgate juridique tient la généralité pour constitutive de la règle. Cette définition largement répétée et parfois critiquée fait référence aux propriétés formelles de la règle et non à la règle telle qu’elle se formule, se lit et s’applique dans la concrétude de ses pratiques. L’article entend opérer cette « respécification » de la question de la règle, en partant de ses constituants conceptuels, pour saisir la relation de référence et d’usage que ceux qui l’invoquent peuvent en avoir en situation. Le général et le particulier se transforment dès lors en catégories du raisonnement pratique, c’est-à-dire en accomplissements de ceux et celles qui recourent à la règle dans le fil de leurs actions publiques, politiques ou judiciaires. Pour traiter le rapport du particulier au général dans la pratique du droit, l’article portera tout d’abord sur la conception de la règle et sur son caractère général et abstrait dans la doctrine et la théorie du droit. Il reprendra ensuite la question...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7916

Littérature et théorie littéraire à l’ère du singularisme

On a récemment exalté les vertus de la littérature à saisir la contingence. La notion de singularité s’est imposée comme une clé théorique pour décrire ces missions nouvelles de la littérature contemporaine. S’il est vrai que la critique littéraire doit rendre compte de ces évolutions propres à l’individualisme contemporain, en revanche il est difficile de construire une théorie de la littérature qui se contenterait de reprendre la notion à son compte. La notion mène, dans le champ de la théorie littéraire, à des apories qui méritent donc une critique logique et méthodologique.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7815

Discerner des singularités. De l’embellissement des façades et des jardins à la construction des vertus dans une ancienne cité minière d’Alsace

À partir d’une enquête ethnographique conduite dans les anciennes cités des Mines de potasse d’Alsace, nous proposons d’examiner comment le discernement dont font preuve les habitants dans leurs pratiques d’embellissement des façades et des jardins surmonte l’opposition du singulier et du général. Après avoir présenté le cadre architectural et urbain de ces cités, nous montrons comment l’attention réciproque que se portent les habitants fonde l’efficacité et l’intelligibilité de leurs pratiques. Tous sont appelés à affirmer leur singularité dans une « conversation de gestes » produisant le paysage des cités et permettant d’évaluer chacun selon l’entretien de sa maison. Le discernement apparaît ainsi comme une compétence conversationnelle par laquelle les habitants doivent se montrer capables de répondre aux attentes des autres. Si cette conversation suscite l’expression et la reconnaissance de vertus singulières dans le cadre de leurs cités, les habitants peinent à se situer dans un...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/8023

L’homme sans nom, ou la singularité esseulée

L’homme sans nom habite une cavité rocheuse, quelque part dans la campagne du Hebei, au nord de Pékin. Il vit seul, en autarcie, dans cette région désertée. Cet homme qui ne dit pas son nom ne communique pas, ne communique plus, même face à la caméra de Wang Bing qui filme ses gestes, ses déplacements, ses activités. L’homme sans nom a lâché le langage comme il a lâché toute appartenance ou inscription sociale. L’étrange singularité de son esseulement et de son mutisme surprend le spectateur comme elle a surpris Wang Bing ; elle nous donne à voir la proposition d’une forme de vie, dont je suggère ici une interprétation anthropologique possible, à travers les notions d’indifférence et de contact, en questionnant le choix radical de l’abandon de la communication et par conséquent du système de relations qui lui est lié, abandon par lequel est rendue possible l’émergence d’un tout autre monde dont je tente de tracer un contour.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7591

S’adresser à l’autorité en tant qu’individu singulier : parcours historiques croisés. Entretien avec Alain Blum et Simona Cerutti

L’historien contemporanéiste Alain Blum et l’historienne moderniste Simona Cerutti animent depuis deux ans à l’EHESS un séminaire consacré à l’ensemble des matériaux à travers lesquels des individus ou des groupes ont essayé d’établir une relation directe avec les autorités : plaintes, suppliques, dénonciations, lettres anonymes, requêtes… Dans la recherche d’Alain Blum, il s’agit de l’immense continent des suppliques adressées aux autorités soviétiques des années 1920 aux années 1980 ; le travail de Simona Cerutti est consacré aux suppliques adressées à la chancellerie de l’État savoyard au xviiie siècle. Des contextes radicalement distincts et des sources de factures très différentes nourrissent un dialogue entre ces deux historiens autour de ce que construit et de ce que permet de saisir ce geste qui consiste, pour un individu, à s’adresser à une autorité sous forme d’un recours ou d’une supplique.

Dans le recours se déploie toujours ce que l’on pourrait désigner comme une rhétori...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/8087

Établir le catalogue raisonné de l’œuvre d’un artiste, construire la singularité d’un regard. Entretien avec les Archives Henri Michaux

S’il est un domaine d’activités où la singularité semble pouvoir être mobilisée comme un concept particulièrement pertinent et opérant, c’est bien celui de l’art et de la création artistique. La mise en exergue de la singularité est en effet constitutive du monde de l’art et de la culture, où elle trouve une forme de reconnaissance particulière (Menger, 2003). Historiquement liée à l’avènement de la figure romantique de l’artiste et au régime de la modernité (Heinich, 2005), la singularité qualifie autant le statut créateur – l’artiste – que le produit de l’activité créatrice – l’œuvre, qu’elle soit visuelle, littéraire ou musicale, conçue comme l’expression d’une singularité, motivée par la recherche d’une forme inédite.

De ce fait, la problématique de la singularité en art est l’objet, depuis longtemps, de nombreux travaux qui en ont abordé de multiples aspects : à travers des recherches sur le style, dans la lignée des réflexions de Roland Barthes (Barthes, 1953 ; Macé, 2016) ; pa...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/8096