Richard Baldwin: The Great Convergence: Information Technology and the New Globalization
Issue: Ahead of print
Quelle: http://www.degruyter.com/view/j/ngs.ahead-of-print/ngs-2018-0004/ngs-2018-0004.xml
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Comme nombre d’intellectuels chinois, Yu Keping s’inscrit dans une tradition d’intervention des sciences sociales dans le débat public mais aussi dans le conseil au gouvernement. Son texte « Quel type d’innovation gouvernementale faut-il encourager et promouvoir ? », qui tire le bilan du Prix de l’innovation de la gouvernance locale, montre la voie que devaient selon lui emprunter les réformes politiques dans la Chine de l’ancien président Hu Jintao. Une démocratisation prudente, fondée sur les services rendus aux citoyens, l’efficacité, la modernisation de l’État et une plus grande transparence de son action ; et secondairement sur la justice sociale, la prise en compte d’une société civile plus indépendante, et la consultation des citoyens-usagers. Une réforme intégrant potentiellement les élections mais différant de la démocratie élective occidentale – une perspective aujourd’hui remise en question sous la présidence de Xi Jinping.
En tant que psychanalyste franco-coréenne et chercheuse intéressée par la question du féminin et de la féminité dans une perspective interdisciplinaire et transculturelle, l’auteur propose une approche psychanalytique des voix intérieures des femmes ayant vécu une expérience d’avortement. Peut-on envisager une conflictualité propre à l’expérience d’avortement ? L’auteur prend la question du corps féminin comme un fil d’Ariane pour explorer quelques pistes de réflexion afin de dégager les voies de dialogue et de confrontation que l’épreuve de l’avortement est susceptible de tracer entre différentes disciplines, ainsi qu’entre différentes aires géographiques.
Cette note accompagne la traduction du coréen vers le français d’un article sociologique de Yang Hyunah portant sur le statut de l’avortement en Corée du Sud au regard du droit et de l’expérience des femmes. Ce bref texte vise à présenter les coulisses de cette traduction pour mieux comprendre les questions qui se sont posées et les choix qui ont été opérés, en ce qui concerne certaines caractéristiques de la langue coréenne, le positionnement de l’autrice et des enjeux de vocabulaire.
Tout semble opposer la modernologie et l’ethnologie européenne (choix des terrains, méthodologie, buts recherchés…), pourtant les deux disciplines ont partagé un même intérêt pour la culture matérielle et produit des documents qui présentent des similitudes formelles. Sans nier l’irréductible différence qui sépare les deux productions intellectuelles, cet article se propose d’observer leurs étonnantes proximités. Procédant par analogies, il questionne aussi la place de l’enquêteur et la façon dont il choisit de restituer les fruits de ses observations. Un même vertige semble s’emparer de ces entreprises savantes qui cherchent à concilier le détail et la vue d’ensemble, dans l’espoir de restituer fidèlement la réalité sociale et matérielle de leur pays.
L’article de Yang Hyunah peut se lire comme un texte féministe engagé mais cherchant à concilier la critique d’une décision juridique avec le respect des normes académiques d’écriture, d’une part, et avec un certain nombre de valeurs établies qui, selon les adversaires de l’IVG, voleraient en éclat en cas d’extension de l’accès légal à l’avortement, d’autre part. Cette recherche de consensus n’est sans doute pas étrangère au choix d’une démarche sociologique aussi attentive à l’intériorité psychologique des personnes enquêtées. Si cette recherche sous contraintes ne peut prétendre embrasser l’entièreté du problème traité, elle n’en met pas moins en relief, du point de vue de l’expérience et des représentations de l’avortement, ou encore du rapport des femmes et des hommes concerné-e-s à la loi, des mécanismes dont la ressemblance avec des situations historiques plus connues est frappante.
Planche 24. Moustaches et barbes

Publiée dans l’Enquête sur les mœurs des rues de Ginza à Tokyo, Kon Wajirô, 1925 (©Kôgakuin University Library).
Planche 29. Tabac

Publiée dans l’Enquête sur les mœurs des rues de Ginza à Tokyo, Kon Wajirô, 1925 (©Kôgakuin University Library).
Planche 56. Maquillage

Publiée dans l’Enquête sur les mœurs des rues de Ginza à Tokyo, Kon Wajirô, 1925 (©Kôgakuin University Library).
Portrait de Kon Wajirô en 1926

©Kôgakuin University Library.
Maison d’un village de montagne recouvert de neige, village de Sekikawa, district de Naka-Kubiki, département de Niigata

Esquisse faite lors d’un voyage dans le nord de Shinshû et le sud d’Echigo (enquête sur les maisons paysannes de la région de Shinano-Echigo), Kon Wajirô, 1917 (©Kôgakuin University Library).
Carte de la répartition des cafés et restaurants dans le quartier de Ginza

Kon Wajirô et Yoshida Kenkichi, 1929 (©Kôgakuin University Library).
Enquête ponctuelle sur les biens possédés au sein d’un foyer de jeunes mariés

P...
Ce texte vise à présenter les grandes lignes du contexte historique, social et politique des débats sud-coréens sur l’avortement. L’une des caractéristiques de la situation de l’avortement en Corée du Sud réside dans le grand décalage entre son statut juridique et sa réalité : illégal, l’avortement est très largement pratiqué. De plus, l’inscription du débat sur l’avortement dans la question plus large du droit des femmes à l’autonomie est tardive. Depuis les années 1960 et plus encore 1970, l’avortement, bien qu’interdit sauf exceptions, a été toléré, voire encouragé politiquement dans le cadre d’un contrôle démographique. Cette situation a changé dans les années 2010 avec la nouvelle priorité nataliste de l’État et la décision de renforcer la pénalisation de l’avortement. Celui-ci est alors arrivé au cœur des débats publics et la revendication d’un droit à l’avortement est devenue un enjeu important pour les mouvements féministes sud-coréens. Les féministes ont commencé à se mobil...
La Cour constitutionnelle sud-coréenne déclara conforme à la Constitution une disposition du code pénal condamnant l’avortement réalisé par un médecin ou assimilé. C’est dans ce contexte que Yang Hyunah choisit d’apporter un éclairage sur l’état de droit et la pratique de l’avortement, en construisant sa démonstration autour de la voix des femmes. Dans le présent article, nous analysons le texte de Yang dans une logique comparatiste avec le régime eugéniste et la pénalisation de l’avortement au Japon, ainsi qu’avec le développement des mouvements féministes et des personnes handicapées.
Pourquoi s’exposer à l’embarras de traduire les humanités et les sciences sociales de l’Asie ? Comment aller au-delà du constat d’un échange inégal entre le berceau occidental des disciplines et ce que proposent les penseurs du monde d’aujourd’hui ? En posant quelques jalons à partir de la Corée et de l’Asie, on esquisse des pistes de réflexion fondées sur une expérience pratique. La traduction est abordée selon plusieurs angles : des flux de traductions à ce que pourrait être un programme d’histoire culturelle qui saisirait traduction et traducteurs dans une histoire longue, ou la contribution de l’activité traductrice aux débats qui traversent monde savant et espaces publics. On en retient deux points. Un premier souligne un surinvestissement du côté des notions. S’y néglige le trouble que produisent des manières d’argumenter éloignées des normes qui s’imposent à nous. Un second dénonce une illusion : l’espoir que, face au rendement décroissant de nos disciplines, une nouvelle bat...
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