November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Sébastien Schehr,
Allgemein.
Cet article propose une analyse de la méfiance centrée sur la question de ses sources et de ses éléments constitutifs dans la vie quotidienne. Nous précisons tout d’abord quels sont les principaux facteurs qui alimentent cette attitude et en facilitent l’émergence. Nous montrons ainsi que la méfiance trouve souvent sa source dans des expériences ordinaires voire familières. Il s’agit ensuite de caractériser la méfiance sur le plan sociologique et psychologique : nous insistons sur le fait que la méfiance peut être envisagée comme une compétence permettant l’ajustement à certaines situations sociales et que l’on ne peut seulement la définir comme le négatif de la confiance. Enfin, nous nous intéressons aux effets cognitifs et sociaux de la méfiance et interrogeons l’idée selon laquelle elle serait intrinsèquement délétère.
Quelle: http://traces.revues.org/6743
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Grégoire Le Quang,
Allgemein.
L’image de l’Italie des années 1970 reste attachée à celle des « années de plomb », du terrorisme d’extrême-droite aux homicides perpétrés par la lutte armée d’inspiration marxiste-léniniste. Ces violences politiques génèrent des réactions de méfiance à plus d’un titre : méfiance comme réponse affective, corollaire de la peur, aux lendemains d’attentats spectaculaires ; méfiance proche de la défiance envers un État accusé d’inertie face aux violences, voire d’y contribuer activement ; méfiance comme support d’un militantisme critique. La méfiance apparaît comme un objet hybride pour l’historien, à la croisée de l’étude des cultures politiques et de celle des émotions dites « collectives », avec la prudence méthodologique que cette approche impose. Objet palpable dans les sources et clé de lecture essentielle, la méfiance caractérise ce moment historique et perdure en Italie à l’égard du système politique, partisan et médiatique.
Quelle: http://traces.revues.org/6706
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Olivier Allard,
Allgemein.
Le monde du renseignement est un monde secret. Ainsi, les nouveaux entrants à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) apprennent immédiatement qu’ils ne doivent jamais prononcer le nom de leur employeur et se contenter de parler de la « Boîte ». Seuls leurs proches immédiats peuvent savoir qu’ils y travaillent – mais jamais ce qu’ils y font – et il faut déclarer ceux qui savent. Bien entendu, ils ne peuvent en parler à personne d’autre : le simple fait de révéler publiquement que quelqu’un appartient à la Boîte, ou y a appartenu, est une infraction.
Depuis plusieurs années, la Boîte essaie toutefois de gommer son image de pur mystère : le statut de ses employés a récemment été défini par décret, il existe désormais un chargé de communication, on trouve des informations sur la façon de rentrer dans la Boîte, et un site Internet en présente la structure (voir encadré).
Organisation de la DGSE Direction administrative : un service de renseignement est fondamentalement une a... |
Quelle: http://traces.revues.org/6752
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Laurence Tessier,
Allgemein.
Cet article explore la façon dont les cliniciens sondent, déchiffrent et se méfient de la parole des proches des patients dans une clinique américaine spécialisée dans le diagnostic de la démence. À partir de l’observation de réunions de l’équipe médicale, je décris comment la confiance habituellement accordée à ces « informateurs » est remise en question, transformant celui qui est perçu d’ordinaire comme un moyen de diagnostic en sujet d’un diagnostic. Cet article montre comment la méfiance envers l’informateur s’avère être une ressource, plutôt qu’un obstacle, pour le travail clinique. Face à un informateur soupçonné d’être « mauvais », les cliniciens utilisent ce qu’ils comprennent de sa « subjectivité » et des relations concrètes que le patient et le proche ont ensemble pour faire le diagnostic des troubles du patient ; cette étude montre alors que le diagnostic de la démence comprend une dimension relationnelle qui n’est donnée à voir que lorsqu’elle pose problème.
Quelle: http://traces.revues.org/6725
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Benjamin Lévy,
Allgemein.
Délire de persécutions : l’expression apparaît pour la première fois dans un article fondateur signé Ernest-Charles Lasègue (1852). Cet éminent aliéniste souhaitait renouveler, grâce à la description rigoureuse d’une telle maladie, le mode de classification des troubles mentaux jusqu’alors en vigueur. Il y parvint. Son texte fondateur est considéré, encore aujourd’hui, comme un brillant modèle de description nosographique. Lasègue, en effet, n’oublie aucun des symptômes majeurs du délire de persécution. Il souligne qu’une « période de doute » précède sa cristallisation et note que la désignation d’un persécuteur intervient dans un second temps (ibid., p. 134-138). Il spécifie que ce délire éclate généralement chez des patients d’âge moyen ou mûr (p. 142) et peut s’accompagner de rares hallucinations acoustiques. Enfin, il laisse deviner l’impossibilité dans laquelle se trouve le médecin de contredire, au moyen d’arguments rationnels, les convictions morbides qu’ont acquises les pati...
Quelle: http://traces.revues.org/6754
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Stefan Le Courant,
Allgemein.
La politique de lutte contre l’immigration irrégulière instaure une menace quotidienne d’expulsion pour les sans-papiers présents sur le territoire. Afin de garantir leur séjour, ils doivent sans cesse questionner leur environnement, sonder leurs relations afin d’essayer d’anticiper tout ce qui serait susceptible de les mettre en danger. Il revient à chacun de savoir jusqu’où mener ces enquêtes de réalité. Appliquées à l’État, ces enquêtes en révèlent les ambiguïtés et les ambivalences puisque la protection – précaire – offerte par le droit au séjour est sollicitée auprès du même État qui suscite la méfiance. Au cours de leurs quêtes de papiers, l’État, tour à tour, apparaîtra sous les traits d’une bureaucratie rationnelle, s’incarnera dans l’arbitraire de ses agents et sera perçu comme une entité dotée de pouvoir de type magique.
Quelle: http://traces.revues.org/6690
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Ariane Mak,
Allgemein.
Comment enquêter en temps de guerre quand la figure de l’espion hante les esprits ? L’article se penche sur un point aveugle de l’histoire du Mass Observation – à savoir la manière dont cette organisation britannique de sciences sociales a dû faire face à une suspicion généralisée durant la Seconde Guerre mondiale. Des enquêteurs de terrain devenus objets d’enquête pour une population aux aguets ou emmenés au poste pour soupçon d’espionnage : le Mass Observation se voit obligé d’inventer de nouveaux outils afin de dissiper la méfiance. Sur quoi repose le malentendu et sur quel fond la rumeur prend-elle forme ? Comment la figure de l’espion, tapie dans les consciences populaires, se matérialise-t-elle dans le face-à-face entre les enquêteurs et les enquêtés ? Dans un cadre ouvert à hauteur des échanges interpersonnels et selon une perspective pragmatiste, nous nous proposons de contribuer à une anthropologie historique de la suspicion.
Quelle: http://traces.revues.org/6696
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Sébastien Lupo,
Allgemein.
Au xviiie siècle, le commerce avec le Levant confronte les négociants marseillais à un environnement marqué par les incertitudes climatiques et politiques. En 1759, la riche maison Roux établit à Smyrne, la principale Échelle de l’Empire ottoman, une commandite à laquelle elle associe deux jeunes régisseurs familiers, conformément aux traditions. Au cours des douze années d’existence de la société, les relations entre commanditaires et complimentaires se distinguent par leur conflictualité et par une méfiance aussi manifeste que durable : l’ancienneté comme les bénéfices dégagés n’y changent rien. Cette attitude paradoxale se révèle particulièrement délétère en 1768. Le manque de confiance des Roux à propos d’une opération de grande envergure pour ravitailler Malte conduit la commandite au bord de la faillite. Saisir la logique de ce comportement mêlant paradoxalement soupçon et poursuite de la collaboration nécessite d’envisager autrement les rapports entre méfiance et confiance. A...
Quelle: http://traces.revues.org/6732
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November 4, 2016, 2:00 p.m.,
Lise Foisneau,
Allgemein.
« La crainte des Roms », est-ce celle que les Roms inspirent aux gadjé ou celle que les gadjé éveillent chez les Roms ? Cet article procède d’observations issues d’un terrain partagé avec les Roms dits « Hongrois » dont les ascendants sont arrivés en France à la fin du xixe siècle. Il explore l’insistance de ces collectifs à se défier de tout. La défiance n’est pas seulement pour eux une tactique de résistance, mais aussi une pratique relationnelle constitutive des relations internes au collectif qu’ils forment. Loin d’être la source d’un immobilisme social, la méfiance constitue ainsi le socle d’une disposition politique à réinventer les relations sociales, qui trouve son origine dans des pratiques singulières, dont celle du « vrai-mensonge ». Se défier des apparences va ainsi de pair, chez ces Roms, avec une capacité à créer de nouvelles configurations du monde humain.
Quelle: http://traces.revues.org/6714
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November 3, 2016, 11:52 a.m.,
Cristian Nitoiu,
Allgemein.
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