Looking through the mirrors: materiality and intimacy at Domenico Grillo’s mansion in Baroque Madrid
Felipe Gaitán Ammann
Quelle: http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13507486.2015.1131248?ai=z4&mi=3fqos0&af=R
Italian vices. Nation and character from the Risorgimento to the republic
Martin Brown
Quelle: http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/14608944.2016.1150128?ai=z4&mi=3fqos0&af=R
Devenir(s) minoritaire(s). La conversion des Blanc‑he‑s à l’islam en France et aux États-Unis comme expérience de la minoration
Cette contribution propose une approche inédite de l’expérience minoritaire à travers l’exemple des converti‑e‑s blanc‑he‑s à l’islam en France et aux États-Unis. Elle aborde le processus de « minoration » de façon dynamique en mobilisant un corpus d’entretiens biographiques réalisés de part et d’autre de l’Atlantique. L’article démontre que, lorsqu’elles et ils décident de revêtir les signes visibles d’appartenance à la religion musulmane, les converti‑e‑s se trouvent soudainement exposé‑e‑s à des formes de rejet et de discrimination à caractère explicitement racial – autant d’expériences qui leur étaient jusqu’ici inconnues en vertu de leur appartenance à la population majoritaire. Dans des contextes nationaux marqués par la « racialisation » de l’islam, la minoration liée à la conversion religieuse est ainsi vécue comme une subalternisation. Face à ces assignations identitaires nouvelles et mal maîtrisées, les converti‑e‑s déploient toutefois des stratégies de négociation pluriel...
Quelle: http://traces.revues.org/6400
Des poncifs aux contre-pieds : les mises en corps des Noirs dans la danse-théâtre
L’œuvre du chorégraphe martiniquais Jean-Hugues Miredin confère une place importante à la manifestation et à l’interrogation de son identité minoritaire. Une telle démarche suppose un double questionnement, autour de l’identité noire en général, dont Stuart Hall souligne la fausse homogénéisation, et de l’identité martiniquaise en particulier. Être martiniquais en 2016 implique d’être né dans un territoire d’outre-mer, marqué par l’histoire de la colonisation et de la traite et l’émergence d’une culture placée sous le signe de l’« antillanité » (Glissant, 1981) ou de la « créolité » (Bernabé et al., 1989). La situation minoritaire dont les Martiniquais font l’expérience est déterminée par plusieurs éléments : l’éloignement du centre politique et économique du pays auquel ils appartiennent, la marginalisation dans les discours politiques, économiques ou médiatiques métropolitains ; une histoire différente, celle de la colonisation et de la traite ; enfin, un développement socio-écono...
Quelle: http://traces.revues.org/6502
La vie homosexuelle à l’écart de la visibilité urbaine. Ethnographie d’une minorité sexuelle masculine dans la Drôme
Depuis plusieurs décennies, la ville est apparue comme un lieu favorable à la visibilité gay et à la tolérance envers les homosexualités. Par contraste, les espaces ruraux et moins urbanisés constitueraient des marges périphériques où l’expérience homosexuelle serait vécue dans le secret, objet de stigmates et d’hostilité. À partir d’une enquête ethnographique sur les modes de vie et les parcours de gays vivant dans la Drôme, loin des métropoles, cet article nuance cette hypothèse. Il analyse les contraintes spécifiques qui pèsent sur la vie gay dans de tels milieux, mais souligne aussi la construction et l’existence de ressources minoritaires. Loin des grandes villes, mais aussi des stéréotypes du secret, de la solitude et de l’oppression quotidienne, ce sont bien d’autres manières d’être gay qui s’y construisent aujourd’hui.
Quelle: http://traces.revues.org/6424
Un « nigger moment » à la française ? Expérience de la stigmatisation chez les diplômés et étudiants d’origine africaine
Cet article interroge l’expérience minoritaire à travers une analyse du vécu de la stigmatisation et plus précisément de la racisation chez les étudiants et diplômés d’origine subsaharienne. La couleur de peau « noire » est vécue au quotidien en France par cette population comme un stigmate qui influe sur la construction de soi. Or, l’expérience de la racisation n’est pas gérée de la même manière selon les outils et les ressources dont les individus disposent. Dans cet article, il s’agira ainsi de montrer comment les personnes interrogées appréhendent leur identité « noire » notamment en réaction et en résistance aux stéréotypes dont ils font l’expérience.
Quelle: http://traces.revues.org/6446
« J’affirme un besoin déchirant de minorités alliées » : pensée et poétique du minoritaire chez Pasolini
En tant qu’artiste, homosexuel, antibourgeois qui fréquente et évoque Frioulans, sous-prolétaires romains, Juifs, Noirs, homosexuels, Pasolini est étroitement lié à la question minoritaire. Chez lui, celle-ci se pose d’emblée sous l’angle de l’expérience puisqu’elle est une réalité vécue et observée au quotidien. Tout au long de son œuvre, le poète-cinéaste s’attache à dire et à montrer les minorités, quelles qu’elles soient. L’article se propose de retracer le parcours de cette thématique centrale, quoique sous-jacente, et de mettre en évidence la pensée et la poétique qui s’en dégagent, dans leurs constantes et leurs évolutions. Pour Pasolini, les minorités se définissent avant tout par leur écart vis-à-vis des modèles dominants. À l’heure où les mouvements pour les droits civiques américains et le boom économique italien battent leur plein, le lyrisme évoquant l’exclusion inévitable du sujet minoritaire est contrebalancé par une ligne épique, qui appelle à une alliance combattive...
Quelle: http://traces.revues.org/6469
« Continuum lesbien » et solidarités féminines : compétences (de) minoritaires en domesticité (Saint-Étienne, 1869)
Une affaire de vol domestique et complicité, jugée aux assises de la Loire en 1869, permet d’analyser une relation de domesticité, le lien intime noué entre les deux jeunes femmes accusées et les structures sociales qui les entourent. À quelles conditions et comment peuvent émerger des formes de solidarités puissantes entre individus minorisés ? Quels compétences et savoir-faire deux jeunes femmes en position d’infériorité sociale, juridique et politique peuvent-elles développer ? Nous examinons des archives judiciaires à l’aide d’outils critiques issus de la théorie féministe lesbienne, le « continuum lesbien » et la « contrainte à l’hétérosexualité », théorisés en 1980 par Adrienne Rich. Ces instruments, produits par un vécu et un regard minoritaire, éclairent d’une part l’expérience passée de ces deux jeunes femmes, et d’autre part le fonctionnement hétérosexuel d’une société spécifique, la France métropolitaine blanche en pleine industrialisation capitaliste.
Quelle: http://traces.revues.org/6436