Des « diasporas commerçantes » aux circulations marchandes : à propos d’un texte d’Abner Cohen

Le texte d’Abner Cohen a véritablement introduit la notion de « diaspora commerçante » (trading diaspora) dans le discours des sciences sociales, et à ce titre a ouvert une piste féconde. Bien que Cohen lui-même ait suggéré que cette forme avait une longue existence historique, il n’a pas exploré cette dimension et c’est Philip Curtin, un historien africaniste, qui, en 1984, en a proposé une généralisation en termes d’histoire mondiale qui a eu un fort retentissement (Curtin, 1984). On constate cependant une certaine disjonction entre le propos de Cohen et celui de Curtin car, alors que le premier s’intéresse aux rapports commerciaux entre deux zones culturelles, le pays hausa et le pays yoruba à l’époque contemporaine, le second soutient l’idée que les diasporas marchandes ont perdu leur rôle spécifique d’« intermédiaires culturels » avec l’avènement du capitalisme moderne, ce qui l’amèn...

Quelle: http://traces.revues.org/5560

Les diasporas dans les conflits à l’épreuve des études sur la mondialisation

Les arguments liant conflits et diasporas tendent souvent à identifier un cercle vicieux, dans lequel les conflits communautaires sont entretenus à distance par les diasporas des parties en présence, dans un contexte où les engagements transnationaux sont facilités par la mondialisation. L’objectif de cet article est d’examiner de façon critique ces arguments et la manière dont les études de la mondialisation abordent le rôle des communautés transnationales comme les diasporas dans l’analyse des conflits, à partir du cas de l’engagement de la diaspora juive dans le conflit israélo-palestinien.

Quelle: http://traces.revues.org/5550

Vacances au bled et appartenances diasporiques des descendants d’immigrés algériens et marocains en France

Plutôt que d’interroger la diaspora comme entité collective répondant à un ensemble strict de critères stables dans le temps, nous proposons d’étudier des pratiques et des sentiments diasporiques, par lesquels les individus créent et maintiennent des connexions avec un espace lointain construit comme « terre des ancêtres » ou « terre d’origine ». En confrontant deux recherches qualitatives portant sur les pratiques de vacances de descendants d’immigrés marocains et algériens venus travailler en Europe à l’époque des Trente Glorieuses, nous analysons comment les séjours de vacances peuvent être vécus ou se révéler fonctionner comme des catalyseurs d’appartenance diasporique. Érigé comme critère de choix de destinations de vacances ou présenté comme le résultat d’interactions sur les lieux de vacances, le sentiment d’appartenance diasporique se révèle sous un jour plus complexe dépa...

Quelle: http://traces.revues.org/5554

L’invention d’un homeland arménien en Éthiopie. Exil et sédentarité dans l’écriture d’une mémoire d’hôtes en diaspora

Cet article tente d’interpréter l’instauration et l’idéalisation de l’Éthiopie en terre d’accueil hospitalière dans la mémoire des immigrants arméniens et de leurs descendants au xxe siècle. Ce faisant, il plaide en faveur d’une approche sédentaire des diasporas attentive aux ancrages sociaux et politiques des individus dans leur société de résidence. Alors qu’une part dominante des travaux sur la mémoire dans la diaspora arménienne, qui met en avant les traumatismes liés aux déchirures d’un exil forcé, dessine les contours d’une mémoire de bannis ou d’exilés, c’est une mémoire d’hôtes que révèlent les multiples expressions du Grand Récit arménien en Éthiopie, dans laquelle les thématiques du pays d’origine perdu et du génocide sont loin d’être structurantes. L’amitié des rois éthiopiens, métaphore de l’enracinement dans le pays d’adoption, est la logique en action de cett...

Quelle: http://traces.revues.org/5546

Stratégies culturelles dans l’organisation des diasporas commerçantes

Entre régions éloignées, les échanges commerciaux ne peuvent se poursuivre que si certains problèmes techniques fondamentaux sont résolus : échange régulier d’informations sur l’état de l’offre et de la demande entre négociants ; expédition et transport rapides des marchandises, des denrées périssables notamment ; création et maintien de relations de confiance entre un grand nombre de négociants et d’intermédiaires qui entrent dans la chaîne du négoce et institution de modalités régulières de crédit, essentielles à la fluidité des échanges ; organisation d’un système efficace d’arbitrage et d’adjudication en cas de litiges commerciaux ; enfin, établissement et maintien d’une autorité structurée et investie des moyens nécessaires pour assurer l’ordre et faire respecter les contrats et les décisions judiciaires.

Les diasporas commerçantes

Dans certai...

Quelle: http://traces.revues.org/5562

Appartenances régionales, expérience diasporique et fabrique communautaire : le cas grec, fin XVIe-début XIXe siècle

Cet article propose de décentrer, à partir de l’observatoire de la diaspora, le regard traditionnellement porté sur la tension entre identités nationales et appartenances locales. L’étude de l’organisation institutionnelle et de la structuration sociale de la colonie grecque-orthodoxe de Venise à l’époque moderne permet de montrer comment la question régionale a pu constituer un enjeu essentiel de la « fabrique communautaire » grecque en diaspora. En particulier, on s’intéressera à la manière dont les institutions de différentes colonies de la diaspora grecque mobilisent et instrumentalisent la question des appartenances régionales, ainsi qu’à la manière dont les mécanismes de la gouvernance communautaire participent en retour de la constitution et de l’expression de ces appartenances. Le cas vénitien invite également à considérer l’expérience diasporique comme partie intégrante d...

Quelle: http://traces.revues.org/5544

Diasporicité et problématique diasporique : réflexions à partir du cas chinois

Partant des débats sur l’applicabilité de la notion de diaspora dans le cas chinois, cet article défend son usage comme catégorie analytique. Dans la perspective d’une anthropologie globale qui s’efforce de rendre compte de la variabilité des échelles temporelles et spatiales, il s’agit d’interroger les conditions de possibilité pour qu’une population puisse être caractérisée comme diasporique, et de déployer une optique diachronique qui puisse restituer les modalités d’entretien de la « diasporicité ». Plutôt que de trancher a priori en faveur de l’un ou l’autre paradigme, « centré » ou « décentré », de la diaspora, l’auteure propose de raisonner en termes de « problématique diasporique ». Celle-ci se situe dans la tension entre le maintien, dans et malgré la dispersion, d’une identification de ses membres à un collectif originaire, et la distanciation vis-à-vis de celui-ci par l...

Quelle: http://traces.revues.org/5557

Diaspora(s) : liens, historicité, échelles

Il est courant d’introduire la notion de diaspora par un certain nombre de précautions visant à prévenir l’usage exponentiel d’un mot à la mode, un mot « fourre-tout » dont la plus-value descriptive et analytique aurait été perdue de vue. L’appel à contribution lancé par Tracés au printemps 2011 relayait d’ailleurs ce diagnostic inquiet en rappelant les controverses et les débats portant sur les enjeux d’une bonne définition du terme diaspora, compris a minima comme l’état de dispersion d’un peuple ou d’une communauté. Dans sa récente et importante étude consacrée aux usages du mot diaspora, Stéphane Dufoix a proposé d’identifier à ce propos deux grandes phases dans l’histoire du rapport des chercheurs et chercheuses au terme : la première aurait vu, à partir des années 1970-1980, le mot diaspora accolé de manière enthousiaste à une pluralité de phénomènes migratoires, aux dépens...

Quelle: http://traces.revues.org/5542

Blätter für deutsche und internationale Politik | 11/2014

Quelle: http://www.eurozine.com/journals/blatter/issue/2014-11-17.html

Vikerkaar | 10-11/2014

Quelle: http://www.eurozine.com/journals/vikerkaar/issue/2014-11-17.html