Qu’est-ce que la terre ? Assemblage d’une ressource et investissement mondial

La ruée vers les terres que le monde connaît actuellement a redirigé l’attention sur la terre, ses usages et sa valeur. Mais la terre est un étrange objet. Alors qu’elle est souvent traitée comme une chose et parfois comme une marchandise, la terre n’est pas comme un tapis : on ne peut pas la rouler et l’emporter avec soi où l’on veut. Pour créer des usages productifs de la terre, il est nécessaire de produire des régimes d’exclusion qui distinguent les usages et les usagers légitimes de ceux qui ne le sont pas, et de mettre en place des segmentations par le truchement de dispositifs tels que des barrières, des titres de propriété, des lois, des zones d’utilisation, des règlements, des bornes et des dramaturgies. La terre ne devient pas une ressource en vertu d’une quelconque qualité intrinsèque ou naturelle, mais par l’assemblage d’éléments matériels, de relations, de technologies et de discours qui doivent être combinés et harmonisés. Et la transformer en objet d’investissement re...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/6978

Redécouvir la terre

Redécouvrir la terre est une exploration spéculative des enjeux politiques et conceptuels liés au rôle que jouent le sol et le territoire, dans la redéfinition de nos cadres d’appréhension du présent. Ce texte confronte les points de vue de trois philosophes, Pierre Charbonnier, Bruno Latour et Baptiste Morizot. Le dialogue part d’une tension qui traverse l’actualité politique : il nous faut d’une certaine manière réinvestir la terre face à l’abandon que représente la modernisation industrielle et ses dégâts, mais il nous faut aussi résister à l’émergence d’un conservatisme localiste, focalisé sur l’assignation au sol comme source d’identité. À partir de ce constat, les auteurs proposent des pistes pour reconstruire une pensée et une sensibilité politiques adéquates à la conjonction actuelle entre l’explosion des inégalités et l’horizon du changement climatique.

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7071

Terres et eaux entre coutume, police et droit au xixe siècle. Solidarisme écologique ou solidarités matérielles ?

La notion de solidarité écologique a été avancée pour défendre un nouveau rapport entre humains et non-humains, reconsidérant la ligne de partage entre sujets et objets qui a constitué l’armature de l’ordre juridique propriétaire moderne. En formulant une solidarité écologique sous la forme idéale d’un solidarisme, ce débat est redevable d’un système qui place la représentation politique en tiers entre humains et non-humains. Cette enquête historienne propose d’observer des formes alternatives de solidarités écologiques, qui ne s’ancrent pas dans la volonté ni dans la représentation, mais qui s’enracinent dans des formes matérielles, inscrites dans les choses. C’est au travers du gouvernement des eaux après 1789 que s’observent ces solidarités matérielles à l’œuvre dans des d’institutions locales originales : les associations territoriales de propriétaires qui se sont maintenues au-delà de la rupture révolutionnaire. Des droits ont ainsi été reconnus comme attachés non aux personnes...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/7011

Des lois agronomiques à l’enquête agroécologique. Esquisse d’une épistémologie de la variation dans les agroécosystèmes

Cet article propose une analyse des différences épistémologiques infrastructurelles entre l’agronomie conventionnelle et les agroécologies, plus particulièrement dans leurs modes d’administration des variations, c’est-à-dire des dynamiques écologiques, évolutives et comportementales du vivant. À travers une synthèse des conditions historiques de l’émergence en France des sciences agronomiques, ce travail tente d’isoler plus précisément les postulats et les protocoles qui ont abouti à l’institutionnalisation d’une forme particulière de science agronomique comme modèle dominant. Nous examinerons également comment cette structuration historique autour d’un paradigme nomologico-prescriptif constitue la condition de possibilité d’une alliance objective entre cette agronomie et l’industrie. En parallèle de ce modèle dominant, cet article fait l’hypothèse que la forme d’enquête écologique historique et située autour de laquelle se structurent les différentes approches agroécologiques, et e...

Quelle: http://journals.openedition.org/traces/6989

Des lois agronomiques à l’enquête agroécologique. Esquisse d’une épistémologie de la variation dans les agroécosystèmes

Cet article propose une analyse des différences épistémologiques infrastructurelles entre l’agronomie conventionnelle et les agroécologies, plus particulièrement dans leurs modes d’administration des variations, c’est-à-dire des dynamiques écologiques, évolutives et comportementales du vivant. À travers une synthèse des conditions historiques de l’émergence en France des sciences agronomiques, ce travail tente d’isoler plus précisément les postulats et les protocoles qui ont abouti à l’institutionnalisation d’une forme particulière de science agronomique comme modèle dominant. Nous examinerons également comment cette structuration historique autour d’un paradigme nomologico-prescriptif constitue la condition de possibilité d’une alliance objective entre cette agronomie et l’industrie. En parallèle de ce modèle dominant, cet article fait l’hypothèse que la forme d’enquête écologique historique et située autour de laquelle se structurent les différentes approches agroécologiques, et e...

Quelle: http://traces.revues.org/6989

Redécouvir la terre

Redécouvrir la terre est une exploration spéculative des enjeux politiques et conceptuels liés au rôle que jouent le sol et le territoire, dans la redéfinition de nos cadres d’appréhension du présent. Ce texte confronte les points de vue de trois philosophes, Pierre Charbonnier, Bruno Latour et Baptiste Morizot. Le dialogue part d’une tension qui traverse l’actualité politique : il nous faut d’une certaine manière réinvestir la terre face à l’abandon que représente la modernisation industrielle et ses dégâts, mais il nous faut aussi résister à l’émergence d’un conservatisme localiste, focalisé sur l’assignation au sol comme source d’identité. À partir de ce constat, les auteurs proposent des pistes pour reconstruire une pensée et une sensibilité politiques adéquates à la conjonction actuelle entre l’explosion des inégalités et l’horizon du changement climatique.

Quelle: http://traces.revues.org/7071

Terres et eaux entre coutume, police et droit au xixe siècle. Solidarisme écologique ou solidarités matérielles ?

La notion de solidarité écologique a été avancée pour défendre un nouveau rapport entre humains et non-humains, reconsidérant la ligne de partage entre sujets et objets qui a constitué l’armature de l’ordre juridique propriétaire moderne. En formulant une solidarité écologique sous la forme idéale d’un solidarisme, ce débat est redevable d’un système qui place la représentation politique en tiers entre humains et non-humains. Cette enquête historienne propose d’observer des formes alternatives de solidarités écologiques, qui ne s’ancrent pas dans la volonté ni dans la représentation, mais qui s’enracinent dans des formes matérielles, inscrites dans les choses. C’est au travers du gouvernement des eaux après 1789 que s’observent ces solidarités matérielles à l’œuvre dans des d’institutions locales originales : les associations territoriales de propriétaires qui se sont maintenues au-delà de la rupture révolutionnaire. Des droits ont ainsi été reconnus comme attachés non aux personnes...

Quelle: http://traces.revues.org/7011

Qu’est-ce que la terre ? Assemblage d’une ressource et investissement mondial

La ruée vers les terres que le monde connaît actuellement a redirigé l’attention sur la terre, ses usages et sa valeur. Mais la terre est un étrange objet. Alors qu’elle est souvent traitée comme une chose et parfois comme une marchandise, la terre n’est pas comme un tapis : on ne peut pas la rouler et l’emporter avec soi où l’on veut. Pour créer des usages productifs de la terre, il est nécessaire de produire des régimes d’exclusion qui distinguent les usages et les usagers légitimes de ceux qui ne le sont pas, et de mettre en place des segmentations par le truchement de dispositifs tels que des barrières, des titres de propriété, des lois, des zones d’utilisation, des règlements, des bornes et des dramaturgies. La terre ne devient pas une ressource en vertu d’une quelconque qualité intrinsèque ou naturelle, mais par l’assemblage d’éléments matériels, de relations, de technologies et de discours qui doivent être combinés et harmonisés. Et la transformer en objet d’investissement re...

Quelle: http://traces.revues.org/6978

Libérer les hommes et la nature ! Fantômes et fantasmes de l’écomodernisme

Associé à l’idée d’un espace de sécurité défini par les limites planétaires, l’anthropocène porte la menace de l’impossibilité pour l’humanité de revenir à la Terre, tant la consommation humaine et la biocapacité de la planète deviennent incommensurables. Contestant vivement cette idée, un groupe de chercheurs, identifiés sous le nom d’« écomodernistes », invitent dans un manifeste à entendre différemment cet appel de la Terre et à poursuivre ce qui serait un processus de découplage entre les activités humaines et la nature, portant une double promesse de bien-être et de prospérité pour les humains et de libération pour la nature sauvage. Ce grand récit de la modernisation heureuse et écologique s’expose, toutefois, à plusieurs objections sérieuses.

Quelle: http://traces.revues.org/7042

Du bien commun au commun : nouvelles pratiques de gouvernement des terres collectives et circulation des inégalités dans l’Himalaya indien

Suite à des luttes paysannes de grande envergure, l’État colonial britannique a rétrocédé la gestion de certaines terres collectives aux villageois-e-s de l’Uttarakhand (Himalaya indien) en 1931. Cet article analyse la reconfiguration de cette politique locale des communs dans le village de Sarmoli. Il montre comment un comité de gestion informel impulsé par des élites anciennement urbaines s’est organisé face à un essoufflement de la gestion officielle. Alors que les communs correspondaient en premier lieu à un système de ressources géré par une communauté d’utilisatrices et d’utilisateurs, ils deviennent une pratique collective d’auto-institution et d’autogouvernement. Pourtant, en ne prenant pas en compte l’ensemble des inégalités au sein de la société villageoise, les actions de ces actrices et acteurs sur le gouvernement des communs ont créé des distinctions sociales et des hiérarchies économiques à Sarmoli.

Quelle: http://traces.revues.org/7019