Du droit comme discours et comme dispositif

Cette note critique présente l’ouvrage de Rémy Libchaber intitulé L’ordre juridique et le discours du droit. Essai sur les limites de la connaissance du droit (Paris, LGDJ, 2013). Il s’agit d’exposer, par une lecture nécessairement personnelle, les éléments clés d’une définition originale du droit. L’essai constitue une tentative internaliste de dépassement des théories positivistes et naturalistes et de réconciliation entre la théorie et les pratiques. Il développe notamment l’idée du droit comme discours et de l’ordre juridique comme dispositif permettant la production de ce discours. S’y ajoute une conception culturelle du droit qui ouvre d’intéressantes pistes de réflexion. Après une présentation des lignes de force du propos, la note critique s’interroge sur ce que révèle une telle publication de l’esprit du temps au sein de la « communauté » des juristes et des chercheurs en droit. La proposition constitue-t-elle un projet fédérateur ou une thèse marginale ? Malgré sa séductio...

Quelle: http://traces.revues.org/6117

Indisponibilité, service public, usage. Trois concepts fondamentaux pour le « commun » et les « biens communs »

Présentation de Michele Spanò

Tel le « mana » de Marcel Mauss et de Claude Lévi-Strauss, les « biens communs » incarnent un signifiant vide et « flottant » : ni substantif ni adjectif, ni chose ni qualité intrinsèque à la chose, le syntagme « biens communs » désigne plutôt un processus ou une pratique. Qu’il s’agisse d’un espace physique, d’une ressource naturelle ou immatérielle, d’un savoir ou d’une pratique, une chose est dite « commune » à partir du moment où, et parce que, elle est revendiquée comme telle. En Italie et ailleurs, cette dynamique sociale de qualification a donné le ton à toute une série de pratiques variées de réappropriation et de restitution à l’usage commun de biens, de lieux et d’expériences. Les « biens communs » – dirons-nous en rappelant la leçon d’Ernesto Laclau – ont enclenché une logique hégémonique : des demandes sociales jusqu’alors dispersées et difficilement compatibles ont été rassemblées et même formatées sous la bannière des « biens communs », les...

Quelle: http://traces.revues.org/6139

L’invention du droit en Occident. Une lecture d’Aldo Schiavone

Cette note de lecture est consacrée à l’ouvrage d’Aldo Schiavone : Ius. L’invenzione del diritto in occidente. Elle revient dans un premier temps sur la traduction française du livre et sur les problèmes soulevés par la notion de disciplinamento, centrale dans la pensée de l’auteur, et dont la traduction rend mal compte. Dans un second temps, la note de lecture présente l’évolution du droit à Rome telle que la conçoit Schiavone. Le ius serait une réponse stabilisatrice permettant de discipliner une société pour l’aider à subsister dans un environnement hostile. L’histoire du ius se présente alors comme l’isolement progressif d’une fonction juridique autonome dans la société romaine, en particulier à travers le basculement vers l’abstraction qui se produisit à la charnière de la République et de l’Empire. Ce basculement dans un formalisme juridique acheva d’isoler le ius dans une sphère juridique indépendante qui constitue un des plus importants legs de Rome à l’Occident.

Quelle: http://traces.revues.org/6080

Le droit en situation. Entretien avec Pierre Lascoumes

Directeur de recherches au CNRS, sociologue, juriste et politiste, Pierre Lascoumes est l’un des principaux artisans des progrès et des renouvellements de la sociologie du droit en France. Plaidant, dans une perspective wébérienne, pour une approche « interactive » du droit, ses travaux proposent de tenir compte de toute l’épaisseur du jeu social dans la négociation et la construction des normes juridiques. Cette sociologie prend le droit et ses techniques au sérieux, en observant de près, dans différents espaces sociaux, les dimensions collectives des politiques publiques et de leurs mises en œuvre. En reliant fondamentalement action et connaissance, pratiques sociales et savoirs, Lascoumes montre comment « penser avec le droit » est aussi un moyen d’agir politiquement pour « changer la société » (Lascoumes, 2009a).

Tracés : Commençons, si vous le voulez bien, par une question biographique. Pouvez-vous revenir sur les rencontres qui, d’un point de vue intellectuel comme d’un point d...

Quelle: http://traces.revues.org/6141

Les droits de l’homme : un cas limite pour le positivisme juridique

La tradition du positivisme juridique s’est longtemps montrée méfiante à l’encontre de la notion abstraite, et non juridique, de « droit ». Mais les choses ont commencé à changer après la Seconde Guerre mondiale et, plus encore, à partir des années 1960, quand les « droits de l’homme » se sont imposés dans toute une série de discours très variés. Pour répondre à ce nouvel état de fait, Joseph Raz, théoricien et philosophe du droit contemporain, a proposé une lecture originale des droits de l’homme comme étant « sans fondements ». Le présent article retrace les positions de Raz, d’abord sur « les droits » tout court, puis sur « les droits de l’homme ». Ces deux étapes nous conduisent à une évaluation critique de l’approche de Raz. En effet, la théorie générale du droit de Raz ainsi que sa réflexion plus spécifique sur les droits sont censées aller au-delà des divisions classiques entre positivisme juridique et jusnaturalisme. Mais nous tâchons de montrer que la pertinence de cette di...

Quelle: http://traces.revues.org/6105

Gender and judging, ou le droit à l’épreuve des études de genre

Cet article propose une synthèse générale d’un domaine de recherche émergent au sein des sciences sociales et juridiques. Regroupés sous le label « gender and judging », les travaux se revendiquant de cette approche renvoient à plusieurs problèmes de recherche tels que la féminisation de la magistrature, les différences fondées sur le genre dans les décisions de justice, ou la reproduction des normes de genre dans le système judiciaire.

Quelle: http://traces.revues.org/6099

Doing Fieldwork on State Organizations in Democratic Settings: Ethical Issues of Research in Refugee Decision Making

By drawing on eighteen months of ethnographic fieldwork and my field diaries in refugee decision-making in Canada, I make three arguments in this article. First, the binary of research in closed vs. open settings may have contributed to overlooking of ethical challenges of research in state organizations in democratic settings. We have to overcome this binary by opening a dialogue among ethnographers. Second, despite well-developed and diverse nature of scholarship on Research Ethics' Board's (REB) formal practices and their negative impact on ethnographers' research proposals, the scarcity of scholarship on "ethics in practice" or "everyday ethics" show that we seem to forget that ethnographers, after receiving research ethics approval, still have to do considerable interpretation for what being ethical means. Finally, paying attention to "ethically important moments" during research practice may help us bridge the gap between formal ethics principles and ethics in practice. Using field diaries in these reflections instead of more sanitized subsequent accounts illustrate the immediacy and importance of ethical concerns during research practice.

URN: http://nbn-resolving.de/urn:nbn:de:0114-fqs150168

Quelle: http://www.qualitative-research.net/index.php/fqs/article/view/2201

Swans of the Kremlin: Ballet and Power in Soviet Russia

Volume 27, Issue 2, December 2014, pages 160-161
10.1080/09546545.2014.973086
Paul du Quenoy

Quelle: http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09546545.2014.973086?ai=z4&mi=3fqos0&af=R

Just a Matter of Timing? Local Electoral Turnout in Germany in the Context of National and European Parliamentary Elections Just a Matter of Timing? Local Electoral Turnout in Germany in the Context of National and European Parliamentary Elections

German Politics, Ahead of Print.

Quelle: http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09644008.2014.984693?ai=z4&mi=3fqos0&af=R

From ‘Dream Team’ to ‘Marriage of Convenience’? An Introduction

Volume 23, Issue 4, December 2014, pages 237-250
10.1080/09644008.2014.982548
Thomas Saalfeld

Quelle: http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09644008.2014.982548?ai=z4&mi=3fqos0&af=R